Partager l'article ! FranceAgriMer à la croisée des chemins: Quelques mois après sa nais ...
Bonjour, c'est la CGT !
Quelques mois après sa naissance officielle, FranceAgriMer joue sa crédibilité et peut-être son avenir sur sa capacité à assurer les
paiements en temps et en heure. Comme chacun le sait, d’importants retards ont été constatés sur certains réglements. Certains peuvent se réjouir d’une Berezina en perspective et espèrent un
« procès de Riom » des responsables de la débâcle ; nous n’en sommes pas. C’est le service public qui est en jeu et les agriculteurs, dont le revenu est mis à mal par les
politiques libérales, doivent pouvoir compter sur notre établissement. Un échec donnerait des arguments à ceux qui voudraient bien parachever la liquidation des offices. Nous n'aurions rien à y
gagner.
En situation de crise, on cherche trop souvent des boucs émissaires. Dans la France de Sarkozy, un préfet a bien été limogé pour n'avoir pas prévu que quelques centaines de manifestants conspueraient le monarque ; autant dire qu'on peut s'attendre à tout. Nous n’allons pas tirer sur l’état-major, mais nous n’accepterons pas davantage qu’on incrimine les lampistes. Les coups de gueule des adjudants-chefs n’ont jamais fait gagner les batailles. L'heure n'est pas aux réglements de comptes, à quelque niveau que ce soit ; ils ne feraient d'ailleurs qu'aggraver les difficultés. Dans leur immense majorité, les personnels et les cadres des offices ont fait maintes fois la preuve de leur compétence, de leur sens du service public, de leur capacité à se mobiliser. Leur a-t-on seulement demandé leur avis sur la réorganisation ?
Les leçons ne doivent pas moins être tirées : la restructuration
hâtive imposée par un ministère qui s’est voulu le bon élève de la R.G.P.P. a fait des dégâts, des équipes de travail ont été dispersées avant que les savoir-faire n’aient pu être transmis, la
constitution des nouvelles, brassant des méthodes de travail et des cultures différentes, ne pouvait se faire aussi vite. Rien d'étonnant à ce que certains cadres aient cherché à préserver leur
pré carré, parfois de crainte de perdre du pouvoir ou du prestige, mais souvent aussi parce qu'ils souhaitaient garder un fonctionnement qui n'allait pas si mal.
Nombre d'agents ont été démotivés: on se souvient des "cas 3" à l'Arborial, mais les collègues des régions vivent également des temps incertains. Pourquoi tant de jeunes ont-ils choisi un détachement ? Les dysfonctionnements trop longtemps subis n'ont rien arrangé. Le problème ne vient pas d'une insuffisance de réformes mais de ce qu'on a trop vite et mal restructuré, dans un contexte de réduction des effectifs. Alors oui la copie sera à revoir, mais dans la sérénité et en concertation avec tous les intéressés. Ceux qui font le travail au quotidien sont les mieux à même d'en parler, si toutefois on veut bien leur donner la parole.
La charge de travail à venir a été sousestimée. Certaines missions ont été enterrées trop vite. L’embauche massive de C.D.D. peut s’avérer indispensable pour faire face aux échéances, comme le recours à des heures supplémentaires (bien payées, ça va de soi), mais cela ne saurait suffire à colmater durablement les brèches. Imaginons que le ministre, pour répondre à la grogne des agriculteurs et aux difficultés de cerrtaines filières, demande d'anticiper les paiements... Les agents répondront présent pour peu qu’on leur manifeste de la considération. A ce jour beaucoup estiment que ce n’est pas le cas. Dans ce domaine aussi les retards doivent être rattrapés de toute urgence.
Qui a construit Thèbes aux sept portes ?
Dans les livres, on donne le nom des rois.
Les rois ont-ils trainé les blocs de pierre ?
Babylone, plusieurs fois détruite,
qui tant de fois l'a reconstruite ?
Dans quelles maisons de Lima logèrent les ouvriers du bâtiment ?
Quand la muraille de Chine fut terminée, où allèrent ce soir là les maçons ?
Rome la grande est pleine d'arcs de triomphe. Qui les érigea ?
De qui les Césars ont-ils triomphé ?
Byzance la tant chantée n'avait-elle que des palais pour les habitants ?
Le jeune Alexandre conquit les Indes tout seul ?
César vainquit les Gaulois.
N'avait-il pas à ses côtés au moins un cuisinier ?
Quand sa flotte fut coulée, Philippe d'Espagne pleura.
Personne d'autre ne pleurait ?
Frédéric II gagna la guerre de sept ans.
Qui, à part lui, était gagnant ?
A chaque page une victoire. Qui cuisinait les festins ?
Tous les dix ans un grand homme.
Les frais, qui les payait ?
Autants de récits, autant de questions.
Bertold Brecht - 1935
Solidarité sans frontières
CEDETIM
Amnesty International
CADTM abrogation de la dette http://www.cadtm.org
Amérique Latine
Et ce n'est qu'un début...