Partager l'article ! Une autre contribution sur l'intervention: En 2007 le prix des céréales ont atteint des sommets. Cette situation exceptio ...
Bonjour, c'est la CGT !
En 2007 le prix des céréales ont atteint des sommets. Cette situation exceptionnelle pour qui suit le marché des céréales depuis plus de 20 ans, avait deux origines:
La crise de l'énergie avec une cotation du pétrole voisine de 150 $ qui induit des remises en cause en chaîne sur l'ensemble de l'activité économique.
Et des fondamentaux favorables à l'offre (maigres récoltes) sur les matières premières dont les céréales constituent le fleuron.
Les opérateurs financiers avides observateurs des évolutions boursières ont très vite compris l'intérêt à intervenir sur ces marchés soudainement en hausse (les fondamentaux et l'énergie) sachant par ailleurs que si l'on intervient massivement sur un marché à l'achat ou à la vente, on amplifie les fluctuations avec la masse de $ que l'on met sur la table. Les fluctuations dites "naturelles" étroitement corrélées, à des données économiques en terme de besoin des utilisateurs pour leurs activités industrielles et des producteurs par construction vendeurs, sont en général modestes et analysables.. Les millions de $ des fonds de pensions ou simplement spéculatifs (ou des fonds souverains dans une moindre mesure) ont flairé la bonne affaire qu'il suffit d'ailleurs d'entretenir avec d'autres millions de $. La réaction en chaîne connu des milieux boursiers.
Ajoutez y pour la France des ventes à découvert (avant la récolte). Car comment résister à des prix aussi porteurs ? Vendre à découvert n'est pas un crime c'est de la bonne et légitime pratique commerciale. A condition toutefois de limiter le risque en s'arbitrant sur le marché à terme et d'éviter les spécifications qualité trop précises dans les contrats (difficile). Si la qualité n'est pas au rendez vous à la livraison, il faut alors rechercher la marchandise convenue pour honorer les contrats ce qui augmente la demande et par conséquence les prix.
Réactions des institutionnels (pas les banques mais les régulateurs du marché):
" Ouf!! Les clignotants sont au vert, les prix agricoles sont somptueux, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. On va pouvoir lever le pied et balayer d'un revers de main quelques archaïsmes par ailleurs coûteux et devenus inutiles" .
Résultat (pour les céréales dans un marché à 27 pays) instauration d'un quota de 700 000 t en garantie des prix à la production pour les maïs. Instauration d'un quota de 3 millions de tonnes en 2010/2011 pour les blés. Au delà? Pas d'automaticité du prix (des adjudications) pas d'automaticité du déclenchement ( si la situation l'exige). En un mot la régulation du marché par l'intervention (qui n'est qu'un filet de sécurité) réduite à un petit miroir aux alouettes, un hochet pour les petits enfants.
En agriculture ceci équivaut à faire totale abstraction sur la spécificité d'un système de production et des denrées produites qui veut que, (désolé pour ce retour à la théorie économique), la demande n'est pas élastique par rapport aux prix, que le déséquilibre offre demande induit des perturbations considérables sur les prix (effet King), que la libre concurrence est une vision totalement utopique de la part d'économistes que l'on qualifierait aujourd'hui de lobbyistes, qu'en économie il n'y a pas de théorie de la valeur (pas d'acheteur potentiel pas de valeur; Van Gogh en son temps n'a vendu aucune toile)
On peut gloser à l'infini sur le rôle de l'Etat en économie et le débat reste ouvert depuis les premiers linéaments de la science dite "économique". Mais en définitive, doit on par "théorie" crever la bouche ouverte parce que les néozélandais sont plus forts que nous sur le lait, les argentins sur la viande, les américains sur le maïs. Autant en corollaire, brûler notre territoire ou le laisser en plan pour en faire un terrain d'aventure?
Les trois petits cochons avaient construit chacun une maison de paille ,de bois et de pierre. "Ne vous inquiétez pas braves gens tout va pour le mieux vous dis-je; la paille suffira".
Vous l'avez bien noté, les conclusions ne reposent que sur des analyses de court terme extrapolées en "ad vitam eterman, et in secula secularum". Le principe de précaution? Allons bon!! foutaises et niaiseries de passéistes pétérisés. Or, le pire ennemie du conjoncturiste est le retour de conjoncture…… Nous y sommes!
La campagne 2009/2010 verra donc le retour à l' intervention (en blé peut être et orge sans doute, pour le maïs pas grand chose). Dur, dur pour FranceAgrimer chargé de gérer le dossier. Les compétences se sont en partie égaillées, les forces opérationnelles bien faibles (l'intervention est excessivement chronophage, comme la plupart des procédures de l'UE campée sur….. (sans commentaire)), les silos sont pleins à craquer, le stockage sera rare et cher. Confiance aux ressources humaines de la maison: nous avons toujours démontré notre engagement et notre réactivité. Pourtant ce sera dur, d'autant que la branche où nous travaillions c'est à dire la régulation des marchés a été sciée. Dura lex sed lex.
On peut donc avoir des doutes: la performance oui, l'exploit, plus difficile.
Qui a construit Thèbes aux sept portes ?
Dans les livres, on donne le nom des rois.
Les rois ont-ils trainé les blocs de pierre ?
Babylone, plusieurs fois détruite,
qui tant de fois l'a reconstruite ?
Dans quelles maisons de Lima logèrent les ouvriers du bâtiment ?
Quand la muraille de Chine fut terminée, où allèrent ce soir là les maçons ?
Rome la grande est pleine d'arcs de triomphe. Qui les érigea ?
De qui les Césars ont-ils triomphé ?
Byzance la tant chantée n'avait-elle que des palais pour les habitants ?
Le jeune Alexandre conquit les Indes tout seul ?
César vainquit les Gaulois.
N'avait-il pas à ses côtés au moins un cuisinier ?
Quand sa flotte fut coulée, Philippe d'Espagne pleura.
Personne d'autre ne pleurait ?
Frédéric II gagna la guerre de sept ans.
Qui, à part lui, était gagnant ?
A chaque page une victoire. Qui cuisinait les festins ?
Tous les dix ans un grand homme.
Les frais, qui les payait ?
Autants de récits, autant de questions.
Bertold Brecht - 1935
Solidarité sans frontières
CEDETIM
Amnesty International
CADTM abrogation de la dette http://www.cadtm.org
Amérique Latine
Et ce n'est qu'un début...