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Solidarité sans frontières
CEDETIM
Amnesty International
CADTM abrogation de la dette http://www.cadtm.org
Amérique Latine
Et ce n'est qu'un début...

Sarkozy et son gouvernement annoncent une nouvelle attaque contre les retraites. Leurs arguments, sans
fondement, visent uniquement à satisfaire le patronat et les plus riches. Malheureusement, et cela devient une habitude, le secrétaire général de la CFDT a déjà fait des offres de service au nom
de l'équité dans la régression sociale, et certains dans la gauche politique...
Casser le droit à la retraite à 60 ans, reculer l'âge légal de départ.
Depuis 1981 les salariés ont le droit de prendre leur retraite à 60 ans, l'âge limite étant fixé à 65 ans. Le projet du gouvernement est de décaler ces deux dates, passer à 62 et à 67 ans. C’est Brice Hortefeux, qui n’avait pas encore changé de ministère, qui a ouvert les hostilités en prenant exemple sur l'Allemagne, « idée » reprise ensuite par Fillon, qui considère que reculer l’âge de la retraite « n’est pas une question taboue », ce qui n’est pas très étonnant de la part de celui qui, en 2003, avait mené l'attaque contre les retraites de la fonction publique. Quoi qu’il en soit, le pavé est lancé est c’est une première. Les contre-réformes successives, celles de 1993, 2003 et 2007, avaient privilégié l’augmentation de la durée de cotisation, de 37,5 à 40 annuités, puis à 41 annuités d’ici à 2012. Toucher à l’âge légal était toujours considéré comme un sujet tabou. C’est ce verrou que le gouvernement tente de faire sauter. Le gouvernement va ainsi dans le sens du Medef, qui considère depuis longtemps que pour « rééquilibrer » les retraites, il faut « ajouter » aux 41 années de cotisation un report de l’âge légal, préconisant ainsi le passage de 60 à 63,5 ans dès 2012.
Des années d’attaques
La prochaine contre-réforme des retraites s’inscrit dans une attaque globale commencée il y a plus de quinze ans. C’est en 1993 que les « réformes » Balladur s’attaquent au privé, en augmentant le nombre d’annuités de 37,5 à 40 ans. Mais aussi en modifiant le calcul de la pension, en l’indexant sur les prix et non plus sur le salaire moyen d’activité (soit environ 20 % de pension en moins en 10 ans) et en prenant, comme base les salaires des 25 meilleures années (et plus des 10). Même chose en 2003, avec la contre-réforme Fillon pour les salariés de la fonction publique, mais en ajoutant des décotes, soit des baisses de pension supplémentaires (5% par trimestre manquant), pour les salariés en-dessous des annuités requises, mais ayant l’âge légal de départ, c’est-à-dire 60 ans. Pour terminer, la dernière contre-réforme, en 2007, s'est attaquée aux salariés des régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF…) qui, par « équité », ont vu également l’augmentation de la durée de leurs cotisations à 40 ans. Pour nous faire avaler la pilule, les arguments avancés par les gouvernements et le patronat sont toujours les mêmes : déficit, problème démographique, équité…
On vit trop longtemps ?
Depuis le temps, on connaît la musique: le problème serait démographique. On vit plus longtemps, il faut donc travailler plus longtemps. C’est présenté comme du bon sens. Comme si un progrès social (l’allongement de la durée de la vie) devait être vécu comme une calamité ! Comme si la progression des dépenses sociales ne servait pas le bien-être de la population, mais le contraire ! Travailler plus longtemps ? A l’âge de toucher leurs droits à la retraite, six salariés sur dix ne travaillent plus. Ils sont soit au chômage, en plans divers et variés de « cessation progressive d’activité » et autres « dispense de recherche d’emploi » après licenciements, virés par des patrons qui trouvent les vieux «pas assez productifs et trop chers», soit au RSA (le nouveau RMI)… De fait, l’âge réel de fin d’activité se situe autour de 58 ans. Tout le discours sur la nécessité de travailler plus longtemps est donc faux: le véritable objectif est de nous faire partir avec des pensions de plus en plus faibles (aujourd’hui, 50 % des retraités vivent avec une pension inférieure au Smic) et d'ouvrir ainsi de nouveaux marchés aux assurances privées, nous incitant à jouer notre future pension au Casino de la Bourse.
Chiffres truqués, présentations biaisées
La question des retraites sera probablement au coeur des luttes du premier semestre. Nous allons, sur
ce blog mais aussi dans des réunions explicatives, montrer comment le gouvernement truque les chiffres. Nous montrerons aussi comment sa politique de régression sociale risque de faire diminuer
le taux de natalité qui est en France supérieur à la moyenne européenne : remise en cause de l'école maternelle au profit de jardins d'enfants payants, attaques contre les bonifications de
retraite des mères de famille, diminution des remboursements de l'assurance maladie. Mieux comprendre pour mieux lutter !