Dimanche 22 novembre 2009
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Le 20 novembre, anniversaire de la révolution mexicaine de 1910 qui mit un terme à la dictature de Porfirio Diaz, le président Felipe Calderòn a promis une "révolution pacifique" pour transformer
le pays. En fait la droite au pouvoir multiplie, à l'instar de Nicolas Sarkozy, les pseudo-réformes libérales qui visent à détruire le peu qui reste de protection sociale et de services
publics.
Mais au Mexique on ne prend pas de gants. Jusqu'à présent la production et la distribution de l'électricité étaient assurées par des entrprises publiques. Pour privatiser l'entreprise de
distribution du centre du pays, LUZ Y FUERZA, le gouvernement s'est livré le 10 octobre dernier á un coup de force : décret de privatisation, occupation des centres par l'armée, expulsion et
licenciement des 44.000 salariés. Certains seront mis d'office en pré-retraite, la majorité est invitée á accepter l'indemnité de licenciement, une partie seulement sera reprise par le
distributeur privé, avec un contrat de travail moins avantageux. Cette méthode brutale vise à paralyser toute opposition en cassant le puissant syndicat des électriciens.
Depuis des mois le gouvernement préparait l'opinion par des campagnes de presse mettant en cause le "nombre excessif" des salariés et stigmatisant leurs "privilèges". Visiblement les
libéraux de tous les pays ont été éduqués dans les mêmes écoles ! Cette campagne se poursuit, accompagnée désormais d'une présentation flatteuse du "plan social" offert aux électriciens, à se
demander de quoi se plaignent ces nantis.
Malgré la propagande du gouvernement, la mobilisation ne s'est pas faite attendre et le syndicat des électriciens a trouvé de nombreux appuis dans d'autres secteurs. Beaucoup ont coñpris que demain
ce sera le tour de PEMEX, l'entreprise nationale du pétrole, puis d'autres. Une importante manifestation s'est déroulée le 20 octobre. Un grand rassemblement de protestation va se tenir dans
deux semaines et de nombreuses délégations sont attendues.
C'est bien parce que l'offensive libérale n'épargne aucun pays que les luttes de résistance nous concernent tous. Les travailleurs qui s'opposent aux privatisations et défendent
leurs postes de travail doivent pouvoir compter sur notre solidarité. Nos sections syndicales doivent protester auprès de l'ambassade du Mexique : Calderòn, bas les pattes devant LUZ Y FUERZA
!
Mais les travailleurs qui refusent leurs licenciements ont aussi besoin de solidarité financière. Dans un pays où les salaires sont très bas (lire ci-dessous) quelques euros sont appréciables. Et
puis, même modeste, un apport venant de travailleurs d'Europe a une dimension morale, c'est un encouragement à la lutte. Bosnie, Mexique, Tchéchénie... notre syndicat a une certaine tradition
dans ce domaine: Comme vous l'avez compris ceci est un appel á mettre la main á la poche. Participez au "ZAPATHON", l'argent collecté sera remis sur place au syndicat des électriciens.
Adressez-vous à notre syndicat pour les modalités pratiques.
Les conventions collectives garantissant un salaire décent et quelques avantages sociaux se font rares au Mexique. L'auteur de ces lignes a entendu voilà
quelques jours la patronne d'un étalage de vêtements proposer à de jeunes candidates à un emploi de vendeuse un salaire de 700 pesos (36 euros) par semaine pour six longues journées de travail, le
casse-croûte étant tout de même offert. Le soir même, à l'entrée d'un supermarché, une publicité comparative montrait que le chariot pas vraiment plein de produits de base -alimentaires et
d'entretien- coûtait "seulement" 1.250 pesos contre 1.400 chez le concurrent : près de deux semaines de salaire d'une vendeuse ou d'un employé d'hôtel. Près de la moitié de la population vit
en dessous du seuil de pauvreté, et ceux qui ont un emploi ne sont pas toujours épargnés, alors que les budgets sociaux sont en baisse.