Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /Fév /2010 22:03

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Le grand bluff sur les retraites est reparti : la France va crouler sous le poids de ces vieillards, la charge sera insupportable pour les générations futures, les jeunes massacreront les vieux…

Les prévisions d’un Conseil d’orientation pourtant aux ordres des libéraux - nous reviendrons sur ce qu’il préconise - ne sont pas assez dramatiques, les ministres en rajoutent, jonglant avec les chiffres les plus alarmistes pour aboutir à une seule conclusion, il faudra travailler plus longtemps et même pas pour gagner plus, le droit à la retraite à 60 ans c’est bientôt fini.


Alors parlons chiffres et pour cela révisons nos classiques.

La population de la France atteignait près de 65 millions d’habitants fin 2009 et selon l’INSEE cette augmentation régulière est due à un taux de natalité supérieur à la moyenne européenne. Chiche, ils nous ressortent leurs prévisions démographiques de 1995 ? Quinze ans après que Juppé ait dû renoncer à son plan ça vaudrait le coup de voir sur quoi il s’appuyait…


Au sein de cette population on distingue la « population en âge de travailler », en principe celle qui a entre 15 ans et 65 ans. Ces plages n’ayant plus rien à voir avec la réalité, prenons plutôt la population qui a entre 20 et 60 ans : nous avons 35 millions de personnes. Le reste se répartit de manière presque égale entre moins de 20 ans et plus de 60 ans.

La « population active », c’est celle qui travaille ou qui est à la recherche d’un emploi.

Selon l’INSEE, son effectif en 2008 était d’un peu moins de 28 millions de personnes, soit un million de plus que dans les projections effectuées en 2003 pour justifier la précédente réforme.

On note un écart de 7 millions entre cette population active et l’effectif des 20 - 60 ans. Pour une part il s’explique par des études plus longues, mais a contrario il faut prendre en compte l’emploi des moins de 20 ans et celui des plus de 60 ans. 7 millions c’est davantage que la population qui pour des raisons diverses n’est pas en capacité de travailler ; des hommes et des femmes ont renoncé à chercher un emploi, pour des raisons diverses qui vont du découragement à la difficulté de concilier une vie familiale et une vie professionnelle n’apportant que peu de revenu.


La « population active occupée », c’est celle qui a un emploi, même seulement de quelques heures par semaine. C’est le chiffre le plus fluctuant et les licenciements massifs de l’année 2009 n’ont pas arrangé les choses. Bien que le gouvernement n’avoue que moins de trois millions de chômeurs, le nombre de personnes ayant un emploi est sans doute inférieur à 25 millions.

Les statistiques par tranche d’âge font apparaître un fort taux d’activité, pour les femmes comme pour les hommes, entre 25 et 49 ans. Les moins de 25 ans ont de grandes difficultés pour accéder à un premier emploi, les plus de 50 ans ont du mal à conserver le leur. Si on excepte les salariés de la fonction publique, cette tranche d’âge qui connaît un faible taux d’activité.

Le temps partiel non choisi, c’est à dire les salariés qui voudraient « travailler plus pour gagner plus » non en faisant des heures supplémentaires mais en ayant un travail à temps plein a été évalué récemment par gouvernement à 1,3 million.

Le temps partiel non choisi, c’est à dire les salariés qui voudraient « travailler plus pour gagner plus » non en faisant des heures supplémentaires mais en ayant un travail à temps plein a été évalué récemment par gouvernement à 1,3 million ; le nombre est sans doute plus élevé.


Le problème ne vient pas des retraites mais du sous emploi

Les données qui précèdent, gracieusement fournies par l’INSEE et la DARES, montrent que sur 35 millions de personnes entre 20 et 60 ans, à peine 25 millions ont un emploi. 10 millions, cela représente à l’évidence beaucoup plus que le nombre d’hommes et de femmes provisoirement ou définitivement inaptes au travail. Et il faut prendre en compte le temps partiel non choisi.


Cinq millions d’emplois supplémentaires et on ne parlerait plus de déficit des caisses de retraite.

Bizarre, cette donnée est rarement évoquée par le gouvernement. Maintenir au travail les plus de 60 ans serait donc plus facile que de donner du travail aux plus jeunes ?


Ce qu’ils veulent vraiment : ouvrir la porte aux fonds de pension

L’utilisation biaisée des statistiques, l’alarmisme savamment distillé ne créeront pas un emploi supplémentaire. Alors quel intérêt de reculer l’âge légal de départ à la retraite quand les plus de 55 ans connaissent déjà un taux d’activité très faible ?

Pas bien compliquer, reculer l’âge légal augmentera le nombre de celles et ceux qui n’auront pas les annuités nécessaires pour une retraite à taux plein, les femmes étant comme d’habitude les plus touchées. L’objectif est de diminuer encore le montant des pensions dans le cadre du régime par répartition ; la moitié des retraités perçoivent aujourd’hui moins que le SMIC, ce pourcentage va donc augmenter.

Pour se prémunir d’une retraite de misère, seule une minorité aura la possibilité de travailler après son soixantième anniversaire. La seule solution sera de rogner sur son revenu d’activité pour souscrire à un régime par capitalisation, pour jouer sa retraite à la Bourse. Notons que si l’augmentation des cotisations constitue un tabou, la « cotisation volontaire obligatoire » à une complémentaire privée est vivement encouragée !

 

Alors NON !

 

Pas touche aux acquis sociaux !

 

Pas touche au droit à la retraite à 60 ans !

 

Préparons une grande mobilisation unitaire

 

Le 23 mars ne sera qu’un début !

Publié dans : En lutte
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